Voyage en Amérique du Sud 2016

Pour finir...

Publié le 29/08/2016 à 11:50, São Paulo
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Nous venons de quitter la Bolivie. Et de terminer notre voyage.

Je suis enthousiaste à l’idée de rentrer, de revoir les gens que j’aime. L’excitation est palpable dans le zinc qui nous emmène vers Sao Paulo.

Habité aussi par une nostalgie croissante. Nous laissons la Bolivie, qui a tant besoin d’être aimée et soutenue. Elle n’est pourtant pas séduisante tout de suite : l’Altiplano rude et aride semble déteindre sur ses habitants qui ne s’ouvrent pas spontanément.

Puis nous avons été témoins d’une semaine incroyable de violence et de rebondissements. Il faudra laisser encore du temps aux politiques et aux journalistes pour que nous puissions avoir une vision exhaustive des tenants et des aboutissants, si jamais cela s’avère possible.

Tout a démarré par des manifestations contre une loi qui propose aux mineurs de pouvoir se syndiquer au sein des coopératives. Incompréhension totale pour moi ! Comment ces travailleurs de la nuit permanente, de la chaleur, du défi quotidien pourraient-ils lutter – à mort – contre ce qui semble un progrès pour eux, à première vue ?

Discuter avec les chauffeurs de taxi, avec des responsables d’associations, avec Jean Claessen, présent ici depuis 30 ans, nous fait toucher du doigt quelques pistes : manipulation par les dirigeants des coopératives, menaces et chantages (les mineurs seraient mis à l’amende en cas d’absence sur les blocages), instrumentalisation politique. Quel(s) que soit le(s) vrai(s) motif(s), personne ne croit à la sincérité des raisons avancées. D’où la conclusion, cette fin de semaine, de l’ensemble de la presse qui confirme le complot voire la tentative de coup d’état – un peu fort peut-être !?

Pour la Bolivie, ce n’est sans doute pas un soubresaut comme un autre – sans oublier les 4 morts de cette terrible semaine. Il semble se jouer plus que ça : peut-être une forme de souveraineté face à un libéralisme qui trouve ici un terrain vierge de résistance ; c’est aussi la démocratie à l’épreuve : le respect du vote et de la constitution – et Evo devra aussi examiner sa responsabilité là où il aura considéré légitime d’arranger les textes pour prolonger ses mandats.

Je pars de Bolivie avec des impressions plus ambivalentes et  contradictoires que jamais. Je ne regretterai pas la saleté ambiante : le moindre recoin est une poubelle. Il y a bien quelques efforts de communication mais il n’y a pas de priorité au respect de l’environnement quand on crève de faim. Le mal est profond.

Sans regret non plus pour le bruit et la notion de nuisance sonore inexistante. L’emploi du klaxon pour se manifester m’est devenu insupportable. Tout autant que le volume sonore de la Cumbia ; tout de suite, j’ai Mac De Marco comme thérapie !

Mais la Bolivie rebelle et revêche espère qu’on l’aime malgré tout, malgré elle. Elle représente une forme de résistance, obsolète et sans espoir peut-être – qui impose le respect.

J’ai le sentiment de quitter un monde inédit que nous venons juste de toucher du doigt. Un monde adolescent, fragile et même fêlé par endroits, qui se protège et vous protège des larmes derrière sa révolte, ses airs bravaches, provoquants et fiers. 

Rentrer en France sur ses impressions ne me plait pas. En partie à cause d’un sentiment d’inachevé : nous avons consacré trop d’énergie à planifier nos journées pour échapper les grèves et les blocages. Aussi parce que reprendre pied dans mon quotidien va me coûter un peu. Je ne vais pas pouvoir – ni vouloir – oublier tout ce que j’ai vu et compris ici au détour d’un prochain Paris-Moscou.

En perspective, reviennent maintenant ces 3 petits mois – qui ici valent 3 fois plus, au moins ! – nous 6 ensemble. Nous avons été surpris, joyeux, heureux, bousculés, révoltés, déçus parfois, face à nos peurs et nos limites aussi. C’est aussi le ciment de la famille à l’épreuve des fatigues et des agacements. Ça tient bien !

Ma nostalgie a pour l’instant de quoi se nourrir…

Hasta luego 

Franck

 

Mélancolie  serait le sentiment dominant pour ma part lors de ce vol en avion de Bolivie à Sao Paulo. Temps suspendu en vol… à l’image de ces 3 mois.

Période hors de notre monde quotidien, loin de nos repères habituels, loin de notre confort. Période dans le monde en marche. Et de ce monde qui avance coûte que coûte nait un sentiment d’urgence. Notre vision n’est que parcellaire et caricaturale mais ce sont ces images qui  me restent en tête : mégapoles qui s’occidentalisent, centres commerciaux qui croissent, bidonvilles qui explosent, population blanche plus aisée, population indigène qui trime…

Urgence et résistance face à un système créateur d’inégalités. C’est ce qui m’aura marquée ici en Bolivie. Ce pays semble résister, fier de sa pluriculturalité, fier de sa population indigène. La Paz est à son image : bouillonnante, bordélique, à l’identité forte et revendiquée.

Temps privilégié aussi pour notre famille : tout partager, tout supporter et tout exprimer ! Les enfants étaient plus en âge de comprendre, de donner leur opinion, de participer et notre Benjamin plus à même d’exprimer sa différence !!

Finalement les sentiments dominants seront surtout la gratitude et la joie… Car comme le résume Benjamin, spontanément en plein coloriage : « en fait, il faut profiter de la vie car après on sera mort »... Profiter et résister !

Babeth

  Ciao !

 


Mes impressions sur le voyage.

Publié le 28/08/2016 à 21:31, La Paz
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J’ai hâte de rentrer en France car maintenant la Bolivie avec ses blocages, on en a tous un peu marre. Mais en même temps je n’ai pas envie de quitter l’Amérique du Sud. Nous avons passé de supers, de très bons moments en famille. Durant ce voyage nous avons fait plein de découvertes et de rencontres c'était "trop bien"! Nous aurons plein de choses à raconter arrivés en France mais pour le moment on en profite !

Amélie

 

Ce voyage en Amérique du sud a été une expérience formidable ! Nous avons vu des paysages magnifiques, nous avons rencontré et revu des personnes très gentilles et accueillantes, nous avons aussi été marqués par la pauvreté de certaines familles. Malgré quelques difficultés (blocage de mineurs, morsure de chien …) nous avons passé un super moment en famille. Maintenant j’ai hâte de retourner en France pour revoir ma famille, mes amis et tout simplement aussi : la France me manque !

A très bientôt.

Aurélien

 


Méli-mélo bolivien

Publié le 27/08/2016 à 03:03, La Paz
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Sucre :

Activité favorite de Benjamin en ville : dénicher les coccinelles

A la découverte des traces de dinosaures (la tectonique des plaques explique ce mur vertical)

Paléontologues en herbe

  

La douceur de vivre à "La Dolce Vita" !

Potosi :

  

Ecole Robertito de Voces Libres

Championnat de foot des mamans de l'association

Nidelbarmi à Potosi et à La Paz : des jeux, des jeux...

Rencontre avec le Padre Jean Claesen

La Paz :

  Illimani

Et...

 

 

 

 


In extremis

Publié le 24/08/2016 à 16:13, Sucre
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Nous avions eu du mal à l’atteindre… nous avons dû la quitter précipitamment. Décidément Potosi ne laisse pas indifférent !

Il y a dejà plusieurs jours que des rumeurs concernant de nouveaux blocages de mineurs circulent. Notre premier réflexe a été de réserver un vol plutôt que d’emprunter la route pour rentrer à La Paz. Mlaheureusement nous ne pouvons pas partir de Potosi, les vols sont pleins. Il n’y a qu’un vol par jour et il est souvent pris d’assaut ! Las, nous partirons jeudi de Sucre, que nous devons tout de même rejoindre par la route. Nous avions donc pensé quitter Potosi mercredi. Puis, les événements s’accélérant, les informations glanées ici où  là nous font avancer notre départ à mardi après-midi. Coup de théâtre au petit déjeûner ce mardi matin : la réceptionniste de l’hôtel vient nous prévenir que les blocages vont se mettre en place dans la journée.  Elle nous conseille fortement, d’arriver à Sucre avant midi. A 10h15 nous prenons la route.

Berti, notre chauffeur, est plutôt serein ; nous devrions passer. Au premier péage cependant, la pression monte d’un cran : les policiers présents nous informent que des camionnettes chargées de mineurs sont passées, en route pour le point de blocage. Berti augmente alors très sensiblement l’allure ! La tension est palpable. Très vite ce sentiment d’urgence se confirme : nous doublons les camionnettes qui quittent Potosi.

Nous pensons alors avoir un peu d’avance mais à une vingtaine de kms de la ville, nous apercevons des dizaines d’hommes au bord de la route. Ils préparent le blocus, parsèment la route de gros cailloux. C’est en train de se faire sous nos yeux : un camion force le passage, il réussit à sauter les pierres et les blocs.  

Berti a le bon réflexe, sans hésitation il double les quelques voitures qui nous précèdent. Il passe à gauche puis se faufile  à droite mais est bientôt  forcé de s’arrêter. Sa tentative de négociation est vaine, Franck, s’adresse aux mineurs qui nous font face, leur expliquant que nous sommes des touristes français avec des enfants (le coup du bébé marche bien). Ils semblent compréhensifs mais un homme plus véhément s’oppose à notre passage. Il se pose face au véhicule, menaçant, une pierre en main. Nouvelle discussion (ou tentative), nouveaux arguments (nous sommes des volontaires de l’association « Voces Libres », connue et reconnue à Potosi)… Ca marche ! Nous avons quelques secondes pour passer… Gros soupirs de soulagement dans la voiture, nous sommes bien conscients d’avoir joué notre sérénité concernant notre départ de Bolivie à la minute près !!


Voix Libres / Nidelbarmi

Publié le 21/08/2016 à 16:08, Potosí
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Pour avoir un aperçu plus complet de ce que nous découvrons ici à Potosi, voici les liens concernant les deux associations que nous cotoyons, toutes les deux créées dans les années 1990 :

Voix Libres : association humanitaire qui intervient sur tout l'altiplano bolivien. Les chiffres concernant les enfants scolarisés, les familles soutenues, les micro-crédits utilisés... depuis 20 ans sont impressionnants. Si nous devions résumer en 2 mots les valeurs qui sous-tendent l'action des hommes et femmes de Voix Libres : tendresse et dignité. http://www.voixlibres.org

Nidelbarmi : "Ninos de los barrios mineros" (enfants des quartiers miniers) est une fondation créée à Potosi par un prêtre belge, Jean Claesen. Nous devrions le rencontrer la semaine prochaine à El Alto, près de La Paz et nous allons également rencontrer un autre centre ici à Potosi. Nous pourrons donc en dire plus dans quelques jours mais d'ores et déjà nous avons été enchantés par ce que nous avons découvert. L'idée est d'offrir à des enfants défavorisés la possibilité de renforcer leurs apprentissages scolaires et ainsi leur donner une chance de s'en sortir.

Cette initiative serait née du constat d'échec du système éducatif bolivien - ou pour le moins peu efficace - et des conditions familiales difficiles de ces enfants. Peu de considération, beaucoup d'échec scolaire donc manque de confiance en soi... Alors pour retrouver de la motivation, de l'envie et de la joie, il faut jouer ! Les centres de Nidelbarmi proposent des ateliers pour apprendre en jouant : les jeux éducatifs sont inspirés de jeux européens ou inventés par les éducateurs eux-mêmes. Nous y avons goûté...enthousiasmant !

Pas de site mais un lien vers la plateforme de financement participatif : https://fr.ulule.com/nidelbarmi-bolivie/



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